L’irrévérence de l’éveil

Qu’est ce que l’éveil ? Comment le reconnaît-on ?

Raphaël

Etre éveillé c’est en fait, comme beaucoup le disent fort justement, le retour à la maison !

Quelle est cette « maison » ? C’est la source d’où nous venons tous, la graine, l’œuf primordial, la « supra-conscience » dont nous sommes les fruits, le point de départ de nos voyages, incarnations dans la matière dense.

Ce retour à la maison est la joie, le bonheur, la félicité, la paix d’être revenu chez soi, dans le Soi. C’est revenir dans les bras, le cœur de cette supra-conscience après avoir parcouru les chemins de traverse ayant pour seul et unique but de nous reconduire sur le chemin de la maison. Oui, pour se retrouver, il faut se perdre ! Tu ne peux pas retrouver la maison si tu ne l’as pas perdue ! Là est la beauté de la vie, cette perte est indispensable pour un retour en toute conscience à la maison car cette maison est celle de la conscience suprême, celle du Grand Tout unifié où rien n’est divisé, rien n’est coupé mais tout est intriqué, enchevêtré, interdépendant et interconnecté.

Cette maison est l’espace de quiétude infini de l’être, cette quiétude est la vacuité où nous ne sommes rien et tout à la fois !

L’éveil est un état de grâce permanent, c’est être et vivre dans la gratitude de l’instant présent. C’est inspirer et expirer à l’unisson avec la création, c’est fusionner à chaque instant, à l’inspire et à l’expire avec le vivant, la vie. C’est respirer au même rythme que la terre et l’univers, respirer et expirer au même rythme que chacune des cellules de notre corps, en gouttant, sentant ce même expire et inspire dans chaque autre être que l’on croise. L’éveil c’est baigner dans ce souffle de vie qui pulse sa joie, son amour, sa grâce, sa plénitude et félicité d’être en vie, LA vie et de voir ce souffle dans toutes les formes de vie.

Cet état de grâce est vécu lorsque la tyrannie du mental est stoppée, quand toutes les identifications à la personnalité, au petit « je », sont stoppés car vides de sens en fait.

L’éveil, c’est être l’observateur quiet, bienveillant, amoureux de la vie qui coule et s’expanse à travers nous et autour de nous à chaque instant sans rien tenir, retenir, entraver.

L’éveil c’est avoir la connaissance que toutes nos émotions, pensées ne sont rien d’autre que des stimulus du mental qui tentent de nous accrocher à notre mémoire mais notre mémoire n’est pas nous ! Elles ne sont que les fruits d’expériences, de croyances, d’idées reçues, de formatages éducatifs, pédagogiques et familiaux. Se sont juste des histoires que l’âme joue, se raconte, afin de se libérer du film de la vie pour être le film de sa vie.

L’éveil c’est ne plus être cette boule de flipper assujettie, soumise, asservie aux caprices des interactions du jeu (petit « je »), émotions et pensées. Cette boule qui se cogne partout sans aucune réflexion ni trajectoire précise et contrôlée est en fait vide de qui elle est. Elle est vide d’avoir perdue le chemin de sa maison alors elle ère ici et là soumise au éléments du jeu, du petit « je », loin du grand JE/ le JEU du vivant, du créateur de toutes choses.

L’éveil c’est d’abord lâcher le mental et il est aussi un outil de travail inouï pour qui veut connaître plus précisément la mécanique céleste des mondes. L’éveil permet de comprendre les rouages et la juste précision amoureuse des lois naturelles de la Création. Son intelligence est si évidente qu’il suffit juste de se fondre, de vibrer en syntonie en la laissant pulser à travers nous par le cœur grand ouvert. Ce cœur qui donne, offre, partage en toute générosité, c’est ce qu’est la vie. La vie n’est qu’un élan d’amour total et inconditionnel qui offre tout, donne tout, partage tout en toute générosité et abondance à chaque instant, chaque seconde.

La seule chose qui empêche cet écoulement providentiel de chaque seconde, de goutter à cette abondance constante, ce sont nos peurs. Nos peurs génèrent nos craintes, nos attachements à la personnalité, à l’individu, aux croyances, aux formatages, et finalement à l’oubli de cette pulsation bienveillante qui imprime toute la vie dans la vie, le vivant dans le vivant, le don dans le don, la joie dans la joie.

Cet éveil m’a conduit à comprendre, voir, conscientiser au plus haut point que nous étions des créatures divines. Des être divins tous unis venant de la même source. Là, la moindre division, la moindre séparation n’existe en aucune façon. J’ai vu que nous étions tous frères et sœurs, tous tantes et oncles, tous pères et mères. J’ai vu que cet élan de vie, cette vague de création vivante ne faisait aucun commerce avec elle-même puisque ‘elle est liée, inter-connectée à ce tout qui est nous et ce nous qui est tout. J’ai vu qu’en fait, je ne pouvais rien vendre ni acheter à moi-même, je n’ai rien à me vendre ni à m’acheter. J’ai vu que tous ces commerces était en fait la preuve évidente de notre incompréhension du vivant, de notre unité, de nos origines. J’ai vu que ces commerces entretiennent la coupure, la séparation car ici, dans la matière rien n’est à vendre ni à acheter mais tout nous est donné, prêté pour un temps. Ce temps est celui de l’apprentissage du chemin à arpenter pour rentrer à la maison. Notre rôle est de soigner cette terre, ce terrain d’apprentissage, ce terrain de jeux du JE, sublime pour notre retour chez nous, à la maison, au Soi, au sein de notre créateur supra-conscient.

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J’ai eu la chance inouïe de faire une expérience de mort imminente (EMI). Je me suis rendu compte qu’après la « mort », le départ de la matière vers d’autres mondes de vie, il n’y avait là, là-bas aucun argent, rien qui ne s’achète ou qui se vend ! Au contraire, cette simple pensée devient d’une stupidité sans nom, sans égal car nous pouvons alors y lire toute la perdition de la famille humaine qui divise pour régner, divise pour avoir, divise pour faire. Toutes ces divisions pour ne pas être, être en communion avec ce qui est : la création, les créatures le/la créateur.

Souvent je me suis dit : « Mais si le monde entier pouvait vivre de telles expériences, demain serait un paradis, le paradis sur terre ! Si tout le monde pouvait voir les auras, le prana, voyager dans les mondes subtils, faire une expérience de mort imminente, déployer sa kundalini, voir les lois et mécanismes célestes actifs, inter-créatifs… Demain serait le nirvana, la fin de la coupure, la fin de l’isolement, de l’égarement, de l’errance, de la chute ! Et ce serait le commencement d’un jour sans fin empli de joie, bonheur, gratitude, Amour pour nous-mêmes et chaque forme de vie dans le matériel et l’immatériel. « 

OUI, si j’avais une puissante baguette magique j’emporterais avec moi tous et chacun au creuset de cette vérité qu’est l’amour du créateur pour sa création, nous en lui et lui en nous. J’emporterais toutes et tous là où nul besoin n’existe, si ce n’est celui de vivre la joie, la gratitude, l’amour inconditionnel en retour de cet amour inconditionnel que nous avons reçu et qu’il nous appartient de restituer pour n’être qu’un, naître qu’UN. Alors nous aurions le même rire, celui de la félicité retrouvée loin des manques, des peurs, des fausses croyances.

Tu vas me dire : «  C’est facile pour toi de parler de tout ça, décorporation, voyages astraux, kundalini, EMI, téléphatie, clairvoyance… Ce sont tes expériences mais pour celui qui n’a pas vécu ces expériences, il est difficile de t’entendre ! » Je dirais  :  » Non, écoutes ce que te dit ton cœur et laisses-toi guider par LUI sans faillir en toute foi volontaire et courageuse que tout te sera donné. « 

L’éveil est il la fin de toute souffrance ?

NON, cette éveil n’est pas pour autant le stop définitif à la souffrance, non, mais elle est toute différente car pleinement identifiée. Etre éveillé c’est ne plus souffrir vous-mêmes car vous êtes libérés du flipper. Vous n’êtes plus cette boule qui va se cogner et rebondir par tout en tout sens car asservie aux pensées et émotions du petit « je ». Etre éveillé c’est être la boule de flipper qui choisit son chemin dans le jeu en choisissant elle-même son mode d’interaction avec les éléments du jeu.

La « souffrance » reste, c’est celle d’observer toutes les boules qui vous entourent et qui s’entrechoquent, se font du « mal » et de la peine, causent du tort à elles-mêmes et à autrui sans même en avoir conscience puisque complètement assujetties, soumises aux jeux/(petit je) qu’elles croient être.

La « souffrance » est toujours là, mais vous en voyez la nécessité, le rôle qu’elle remplit en fait. Vous prenez conscience qu’elle n’est qu’une illusion nécessaire pour remonter/descendre à la surface du Soi. Une fois la « souffrance » comprise, elle devient risible et nous rions de nos souffrances car l’éveil, le retour à la maison, la pure conscience nous donne à voir tout le jeu du mental auquel nous sommes attachés, c’est l’auto-dérision, l’humour Amour immense du créateur pour sa création.

Pour ma part, la chose la plus « difficile » à vivre c’est sans doute l’observation quasi-constante des errances, des modes interactifs de souffrance plus que de joie que l’on croise dans les regards, les formes, les mots, les attitudes des êtres qui partagent notre vie.

Certes j’en ris et c’est parfois comique d’observer les turpitudes du mental que vivent mes frères et sœurs humains. Si je suis dans une foule, je peux clairement observer les prisons mentales des uns et des autres. Je peux voir comment ils jouent dans le jeu, le « je » de leur vie. J’observe l’interaction de ces boules se cognant les unes aux autres sans discernement, l’incontrôle qui se croit contrôle !

Mais ce n’est pas toujours facile de traverser une foule et de voir, sentir, goutter toutes les souffrances. Pour ma part je suis hyper-sensible depuis mon enfance. Tout jeune je percevais très facilement la façon dont les êtres que je croise modélisent leurs vies par leurs actes, paroles et pensées. Tout cela est inscrit en eux et autour d’eux. Le regard, le port de tête, la démarche, les habits portés, leurs couleurs et disposition sur le corps, l’odeur, le son de la voix, les mots employés, sont de multiples indices qui nous disent qui est cette personne et où elle en est sur son chemin. A tout ceci, nous pouvons ajouter la vision des modèles énergétiques qu’elle incarne, les maladies sous-jacentes déjà dans l’aura des corps subtils, le taux vibratoire, la couleur de l’âme, sa route, son chemin, là où elle en est. Ses « combats » intérieurs, ses certitudes et ses doutes, ses guerres intestines, les rouages de son expérience…

Tout cela apparaît très nettement. En quelques secondes à peine, tout cela est vu, compris, observé. Et pour un cœur aimant, ce n’est parfois pas évident de traverser une foule. Etre dans le grand espace public c’est souvent goutter à tout ça en ne pouvant souvent rien faire que de prier pour un mieux être.

irréverence

Un jour, j’ai lu un livre, celui de Stéphane Jourdain :  » L’irrévérence de l’éveil  » ! Oui j’ai compris ce qu’il disait. Au milieu des aveugles, le borgne est roi mais pour celui qui à des yeux grands ouverts, il lui arrive de marcher au milieu des morts !

Je sais, c’est sans doute difficile à lire et je m’en excuse, c’est une image pour donner à sentir que si l’éveil est vacuité et quiétude, joie et grâce, plénitude et félicité, ce retour à la maison est parfois difficile. Oui, qu’il est difficile de voir ceux qui traînent dans le jardin sans trouver la porte de la maison !

Etre éveillé, être en éveil, c’est s’imprégner du vivant, de la nature, c’est être en fusion, symbiose avec ses lois, ses fonctionnements naturels. L’éveil c’est de redevenir naturel, retrouver notre nature profonde, celle de l’amour, de la joie, du jeu de la vie qui joue avec elle-même, qui s’expérimente, qui s’invente, qui se crée, re-crée, co-crée dans cette permanente impermanence. C’est se laisser inspirer et expirer par elle, à travers elle, en elle.

Robin

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